
VENDREDI 27 MAI -
VULCANO -


Vulcano veut d'un monde sans dieu ni maître, ni tribun... sauf si c'est lui. Il décide
de prendre le pouvoir. Guidé par une vision très pur des relations humaines, son
désir impérieux de rompre sa solitude l'engage sur la voie de la démesure et de la
dérive. Il s’engage dans un discours d’investiture. « C'est moi le roi ! Vous êtes
les courtisans. Alors courtisez ! » dit-
En proie à son fantasme de toute-
Il fait feu de tout bois, se risque à jouer les victimes, s’essaie à la manipulation des esprits, tente l'intimidation et la colère, et même de prendre racine dans la tête des spectateurs... s’y épuise.
Il confie alors au public son besoin impérieux d’une présence amie à ses côtés.
Clown pataud et tendre, violent ou sensible, Vulcano, grand idéaliste aux idées courtes, émeut par le contraste entre un corps massif et une âme délicate. Il trace son chemin et laisse derrière lui des trésors de sensibilité dans un champs de ruines.
Notre travail est né du désir d'aborder à travers le jeu clownesque quelques grands thèmes de la comédie humaine : la solitude, la tyrannie, le pouvoir et ses abus.
Tout est parti de Vulcano et de ses improvisations vulcanesques, entre enfant terrible et dictature.
Nous nous sommes intéressés au sentiment de toute puissance, au fantasme d'omnipotence, à la croyance d'un pouvoir illimité et magique de l'enfant qui ne comprend pas comment l'adulte peut le limiter dans ses possibles.
Ce spectacle est nourri de notre indignation devant un chef d'état à l'ego surdimensionné et sa politique d'exclusion et d'expulsion, de lutte que nous avons menées au côté d'immigrés clandestins qui aimeraient ne plus l'être.
C'est l'histoire de Vulcano et des Autres. Vulcano a soif de reconnaissance et d’amour.
La solitude le pousse à la rencontre. Il cherche, veut trouver à tout prix un compagnon, un ami un copain, quelqu'un. Il cherche la société des hommes, mais la peur le mène au rejet de l'autre.
Et pour se protéger de l'inconnu, il laisse l'étranger dehors.
Écrire pour Vulcano nous mène à jouer avec les écarts entre le politique et le poétique.
Nous avons voulu mettre dans la bouche de Vulcano un discours qui s’adresse à l’adulte et laisse la porte ouverte à l’enfant.
Ce spectacle est pour tout public à partir de 8 ans.
Sérieux dans son propos.
Drôle dans sa forme.
Léger par ses moyens techniques.
Extrait :
“On est une grande famille. On est tous ensemble. On va tous dans la même direction.
Alors je rappelle les règles. On discute, tu m’écoutes et après tu es d’accord.
Ici, je suis le berger et toi tu es mes brebis. Y’a pas de mouton galeux, de brebis noire.
Ici les moutons noirs y sortent...
Je veux que vous m’aimiez, que vous me partagiez, que vous me démocratiez !On est en démocratie! J’ai quand même le droit de décider de faire ce que je veux, non ?
Si la démocratie c’est pour pas m’obéir, alors ça sert à rien la démocratie .”
Vulcano, discours d'investiture.
Interprété par François Pilon
Mis en scène par Catherine Dubois
Conçu et écrit par les deux.
Valise de Bonnie:
Costume avec Olga Papp
Musique de Mauro Cauceano
Durée: 50min